Étiquette de bouteille de vin: guide d’achat et conseil
Une étiquette de vin n’est pas qu’un joli dessin. C’est la carte d’identité complète de votre bouteille, un document qui raconte l’histoire du terroir, la signature du vigneron et les promesses de ce qui vous attend au verre. Depuis décembre 2023, la réglementation européenne s’est renforcée : de nouvelles mentions obligatoires ont fait leur apparition, transformant ce petit morceau de papier en véritable passeport réglementaire. Que vous soyez amateur curieux ou acheteur régulier, savoir lire une étiquette change tout. C’est la différence entre choisir au hasard et acheter en connaissance de cause.
En bref : les points clés à retenir
- Neuf mentions obligatoires minimum doivent figurer sur l’étiquette physique : dénomination, degré d’alcool, volume, origine, embouteilleur, numéro de lot, allergènes, valeur énergétique et QR code.
- Depuis 2024, la valeur énergétique (kJ/kcal) et un QR code vers l’e-label sont devenus obligatoires pour tous les vins commercialisés dans l’Union européenne.
- AOP, IGP ou Vin de France : ces trois catégories reflètent des niveaux d’exigence différents et donnent des indices directs sur la qualité potentielle.
- « Mis en bouteille au Domaine » est le signe d’authenticité le plus fort : c’est le vigneron lui-même qui contrôle toute la chaîne.
- Les allergènes (sulfites notamment) doivent être clairement visibles et ne peuvent pas être dématérialisés.
- Le millésime indique l’année de récolte et reflète les conditions météorologiques de cette année-là.
- Les logos environnementaux (AB, Eurofeuille, HVE) certifient des pratiques viticoles respectueuses.
Les neuf mentions obligatoires sur l’étiquette physique
Depuis le Règlement (UE) n° 1308/2013 et ses modifications, une étiquette de vin doit afficher un ensemble précis d’informations. Ces données ne sont pas facultatives : chacune remplit une fonction légale et informationnelle.
La dénomination de vente est simplement le nom légal du produit. Pour un vin rouge classique, il s’agira de « Vin Rouge ». Mais si le vin bénéficie d’une appellation protégée comme Bordeaux ou Champagne, cette appellation remplace la mention générique. C’est déjà un premier indice : une appellation reconnue signale un contrôle qualité plus strict.
Le titre alcoométrique volumique (le fameux degré d’alcool) doit être exprimé en pourcentage avec une décimale maximum. Par exemple : « 13,5 % vol. » ou « 12 % vol. » Une tolérance de ± 0,5 % vol. est acceptée pour les vins tranquilles, ce qui signifie qu’un vin analysé à 13,8 % peut légalement être étiqueté 13,5 %, mais pas 12 %.

Le volume, la provenance et l’embouteilleur
Le volume nominal indique la contenance en centilitres ou litres. Seuls certains formats sont autorisés : 75 cl (le standard), 37,5 cl, 1,5 L, 3 L, 5 L, ou encore les grandes contenances comme le Jéroboam. Le format 75 cl reste incontournable dans le commerce.
La provenance doit toujours figurer. Pour un vin français sans indication géographique, la mention « Vin de France » est obligatoire. Pour un vin importé (italien, espagnol, argentin, etc.), il faut voir « Vin d’Italie », « Produit d’Espagne » ou équivalent. C’est un détail que beaucoup de consommateurs oublient, mais c’est fondamental pour la transparence.
L’embouteilleur (domaine, cave coopérative, négociant) doit être clairement identifié avec son nom et adresse. Si l’embouteilleur n’est pas le producteur, la mention « Mis en bouteille par » s’impose. C’est ici qu’on find l’information cruciale : « Mis en bouteille au Domaine » ou « à la Propriété » prouve que le vigneron maîtrise l’ensemble du processus.
Numéro de lot, allergènes et nouvelles mentions
Le numéro de lot commence par la lettre L et permet de tracer le produit en cas de rappel. Il peut figurer discrètement sur le fond, la capsule ou l’étiquette. C’est une mention administrative, mais elle garantit une traçabilité.
La mention des allergènes est cruciale pour les consommateurs sensibles. « Contient des sulfites » doit figurer sur pratiquement tous les vins commerciaux (au-delà de 10 mg/L de SO₂, ce qui inclut la majorité du marché). Si des agents de collage à base de lait ou d’œuf ont été utilisés, les mentions « Contient du lait » ou « Contient des œufs » s’ajoutent. Les sulfites dans le vin suscitent beaucoup de questions : il faut savoir que les sulfites sont naturellement présents dans le vin et servent de conservateur.
Depuis décembre 2023, deux nouvelles obligations encadrent tous les vins du millésime 2024 et suivants. La valeur énergétique doit figurer sur l’étiquette physique, exprimée en kilojoules (kJ) et kilocalories (kcal) pour 100 ml. Il est permis d’utiliser le symbole « E » suivi de la valeur : « E (100 ml) : 339 kJ / 81 kcal ». Le QR code accompagné d’une mention textuelle (« Ingrédients et informations nutritionnelles ») doit aussi être présent.

Les trois indices de qualité à repérer immédiatement
Au-delà des mentions légales, il existe trois signaux qui révèlent beaucoup sur la qualité réelle d’un vin. Ces trois éléments vous aideront à naviguer avec confiance dans un rayon de caviste ou une carte des vins au restaurant.
L’origine précise : AOP, IGP ou Vin de France
L’origine du vin suit une hiérarchie stricte qui reflète le niveau d’exigence et de contrôle. Comprendre cette hiérarchie, c’est avoir accès à un premier filtre de qualité.
AOP (Appellation d’Origine Protégée) : C’est le sommet de la pyramide réglementaire. Le vin provient d’une zone géographique très précise (Côtes de Provence, Bourgogne, Alsace, etc.) et respecte un cahier des charges strict. On définit les cépages autorisés, les rendements maximaux, les techniques de vinification. Une AOP est plus qu’un label, c’est une garantie de terroir. Exemple : les rosés de Côte de Provence en AOP doivent provenir exclusivement de cette région.
IGP (Indication Géographique Protégée) : Une zone plus large (par exemple « IGP Pays d’Oc » couvre tout le sud), avec plus de libertés pour le vigneron. Les cépages autorisés sont moins restrictifs, et on peut souvent mentionner le cépage sur l’étiquette. C’est un excellent compromis entre qualité contrôlée et créativité.
Vin de France : Pas de zone géographique imposée, pas de cahier des charges. Les raisins peuvent provenir de n’importe où en France. C’est le niveau le moins encadré, mais cela ne signifie pas mauvaise qualité. Certains vignerons innovants choisissent cette catégorie pour plus de liberté. Cependant, cette flexibilité s’accompagne d’une responsabilité : il faut faire confiance au producteur plutôt qu’à une institution.
« Mis en bouteille au Domaine » : le signe d’authenticité majeur
C’est probablement l’information la plus importante à chercher sur une étiquette. Regardez le bas ou les côtés de la contre-étiquette : cherchez « Mis en bouteille au château », « à la propriété » ou « au domaine ».
Cette phrase signifie que le même vigneron a cultivé le raisin, a vinifié le vin et l’a mis en bouteille. C’est un gage d’authenticité totale. Il y a une continuité de la vigne à votre verre, une responsabilité personnelle du producteur. Si quelque chose ne va pas, c’est à lui qu’on demande des comptes.
À l’inverse, « Mis en bouteille par X à Y » signale souvent du négoce : l’embouteilleur a acheté du vin en vrac à un producteur, puis l’a conditionné sous sa marque. Ce n’est pas forcément mauvais (certains négociants sont excellents), mais le lien direct avec le producteur disparaît. Vous perdez la traçabilité complète.
Le millésime : la marque du temps et de la nature
Le millésime est l’année de récolte des raisins. Un vin « 2022 » est né des raisins cueillis en 2022. C’est le reflet direct des conditions météorologiques de cette année-là : s’il a beaucoup plu avant les vendanges, le vin sera plus léger. S’il a fait très chaud et sec, les raisins seront plus concentrés, le vin plus puissant.
C’est pourquoi certains millésimes deviennent légendaires (2009 en Bourgogne, 2016 dans le Rhône) : les conditions météorologiques ont été exceptionnelles. À l’inverse, d’autres années sont plus discrètes. Comparer les millésimes d’une même région avec le temps vous donne une compréhension profonde du vin.

Décrypter les catégories spéciales et leurs exigences
Chaque type de vin obéit à des règles particulières. Connaître ces spécificités vous permet de mieux comprendre ce que vous lisez sur une étiquette.
Les vins effervescents : mousseux, crémant et champagne
Au-delà des mentions classiques, les vins effervescents doivent afficher la teneur en sucre résiduel sous forme de catégorie : Brut Nature, Extra Brut, Brut, Extra Sec, Sec, Demi-Sec ou Doux. Ces termes débutent du plus sec (Brut Nature, pratiquement sans sucre) au plus sucré (Doux). Pour le Champagne spécifiquement, l’indication de la maison productrice et du code de récoltant (NM pour Négociant-Manipulant, RM pour Récoltant-Manipulant) doit aussi figurer. Un crémant de qualité affichera les mêmes exigences qu’un champagne, avec la mention régionale.
Les vins avec indication géographique : AOP et IGP
Pour les AOP, le nom de l’appellation est obligatoire et remplace la dénomination générique. La mention « Appellation d’Origine Protégée » ou « AOP » elle-même est facultative mais courante. Le millésime est souvent imposé par le cahier des charges. Le cépage est rarement obligatoire, sauf dans certaines régions.
Pour les IGP, le nom de l’IGP est obligatoire, mais vous avez généralement le droit de mentionner les cépages. C’est un atout commercial : « IGP Pays d’Oc Cabernet-Sauvignon » vous dit immédiatement quel raisin domine la bouteille. Le millésime est facultatif sauf disposition contraire.
Pour les Vins de France, sans appellation ni IGP, vous pouvez mentionner jusqu’à deux cépages et un millésime, à condition que 85 % du volume provienne du cépage ou millésime déclaré. C’est plus flexible, mais demande de la vigilance pour vérifier la sincérité des allégations.
Les importations : une responsabilité partagée
Si vous importez un vin étranger pour le vendre en France, c’est votre nom et adresse qui doivent figurer comme importateur sur la contre-étiquette, en plus de ceux du producteur. La mention « Importé par [Société] – [Ville], France » est obligatoire. Sans elle, le produit n’est pas conforme pour la commercialisation en France. C’est une formalité administrative qui assure la traçabilité en cas de problème.
Ce qui doit rester sur l’étiquette physique, ce qui peut être dématérialisé
La réforme de 2023 a apporté une flexibilité nouvelle : vous pouvez maintenant reporter certaines informations sur une page web accessible via QR code, l’e-label. Cela allège l’étiquette sans sacrifier la transparence.
| Mention | Obligatoire ? | Sur l’étiquette physique | Sur l’e-label |
|---|---|---|---|
| Dénomination de vente | Oui | Oui | — |
| Degré d’alcool (%) | Oui | Oui | — |
| Volume nominal | Oui | Oui | — |
| Pays d’origine | Oui | Oui | — |
| Embouteilleur | Oui | Oui | — |
| Numéro de lot (L…) | Oui | Oui | — |
| Allergènes (sulfites, lait, œuf) | Oui | Oui — obligatoire | En gras dans la liste |
| Valeur énergétique (kJ/kcal) | Oui (depuis 2024) | Oui — obligatoire | Dans le tableau complet |
| QR code + mention | Oui (si e-label) | Oui | — |
| Liste complète des ingrédients | Oui (depuis 2024) | Non (peut être dématérialisée) | Oui |
| Tableau nutritionnel complet | Oui (depuis 2024) | Non (peut être dématérialisé) | Oui |
| Millésime | Selon AOP/IGP | Si mentionné | — |
| Cépage(s) | Facultatif | Si mentionné | — |
Cette répartition permet aux producteurs d’étiquettes plus épurées, plus lisibles, tout en respectant la transparence réglementaire. Le QR code devient le lien entre le monde physique et digital.
Lire au-delà des mentions obligatoires : les logos et certifications
Une étiquette raconte souvent plus que ce qu’elle est obligée de dire. Les logos et certifications volontaires offrent des pistes sur la philosophie du producteur.
Les certifications environnementales
L’Eurofeuille (logo Bio) et le label AB (Agriculture Biologique) garantissent une viticulture sans produits chimiques de synthèse. C’est une certification contrôlée par l’État, vérifiée annuellement. Cela signifie que la vigne a été cultivée de manière respectueuse de l’environnement.
HVE (Haute Valeur Environnementale) est un niveau moins strict que le Bio, mais certifie des pratiques raisonnées : gestion de l’eau, préservation de la biodiversité, réduction des intrants chimiques.
Terra Vitis est une démarche française de viticulture durable, aussi contrôlée mais moins médiatisée que le Bio. Elle représente un bon compromis entre tradition et modernité environnementale.
Ces certifications ne sont pas obligatoires, elles reflètent des choix de producteurs soucieux d’impact environnemental. Elles ont un coût (certification, audits) et demandent une transparence accrue.
Les médailles et concours
Une médaille sur une étiquette peut être un atout commercial fort, mais attention : elle n’indique pas toujours une qualité supérieure. Un bon vin à petit prix n’aura peut-être pas de médaille simplement parce que le producteur n’a pas participé au concours. À l’inverse, une médaille garantit qu’un jury a apprécié le vin à un moment donné, mais cela reste subjectif.
Les concours les plus crédibles sont ceux des régions (concours des vins de Bordeaux, de Bourgogne) ou des organisations professionnelles sérieuses. Les concours internationaux très médiatisés attirent surtout les petits producteurs en quête de visibilité.
Les erreurs les plus fréquentes et comment les éviter
Si vous produisez ou vendez du vin, connaître les pièges courants vous évitera des sanctions de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
Oublier la valeur énergétique sur l’étiquette physique
C’est l’erreur numéro un depuis 2024. Beaucoup de producteurs ont créé leur QR code et e-label, mais ont oublié que la valeur énergétique doit figurer en clair sur l’étiquette physique. Le QR code seul ne suffit pas : c’est une infraction.
Solution : Imprimez la valeur énergétique en petit format si l’espace manque, mais elle doit être visible. Vous pouvez utiliser le symbole « E » pour gagner de la place.
Utiliser un seul numéro de lot pour toute la production
Le numéro de lot doit identifier un groupe de bouteilles fabriquées dans les mêmes conditions. Utiliser le même numéro pour des cuvaisons, des millésimes ou des dates d’embouteillage différents rend la traçabilité impossible et n’est pas conforme.
Chaque lot distinct doit avoir son propre numéro (L001, L002, L003…) pour permettre une traçabilité efficace en cas de rappel.
Le degré d’alcool hors tolérance
La tolérance de ± 0,5 % vol. (ou ± 0,8 % pour les vins avec IG) s’applique entre la valeur affichée et la valeur analysée. Ce n’est pas une invitation à arrondir librement. Un vin analysé à 14,7 % étiqueté à 13,5 % dépasse la tolérance et constitue une infraction.
Exemple : Si votre analyse montre 13,8 %, vous pouvez l’étiqueter 13,5 % (14,3 % maximum). Mais 13,0 % serait hors tolérance.
Mentions manquantes pour les importations
Beaucoup d’importateurs oublient leur propre mention sur la contre-étiquette. Or, pour un vin importé et commercialisé en France, deux adresses sont obligatoires : celle du producteur/embouteilleur ET celle de l’importateur français.
QR code sans mention accompagnatrice
Un QR code imprimé seul, sans texte explicatif, n’est pas conforme. La mention « Ingrédients et informations nutritionnelles » (ou similaire) doit figurer à côté. Les questions fréquentes sur les sulfites montrent que les consommateurs cherchent ces informations : rendez-les faciles d’accès.
Stratégies pratiques pour choisir un vin en confiance
Armé de ces connaissances, vous pouvez maintenant développer une approche systématique du choix du vin, que ce soit en magasin ou au restaurant.
La méthode d’analyse rapide
Avant même de vérifier le prix, commencez par ces trois points : l’origine (AOP, IGP ou Vin de France), la mention « Mis en bouteille au Domaine » et le millésime. Ces trois éléments vous donnent 80 % de l’information pertinente en trente secondes.
Si c’est une AOP avec embouteillage au domaine et un millésime récent (moins de 10 ans pour la plupart), vous avez affaire à un vin sérieux. Vous pouvez ensuite consulter la contre-étiquette pour les certifications (Bio, HVE) si c’est important pour vous.
Utiliser les informations dématérialisées
Si vous avez des questions sur les ingrédients (pour vérifier la présence de gluten, l’usage d’œufs ou de lait dans la vinification), scannez le QR code. L’e-label vous donnera la liste complète des additifs et agents de collage. Les vins végétariens et végans offrent de bonnes alternatives si vous cherchez à éviter certains agents de collage.
Faire confiance au caviste
Un bon caviste connaît ses producteurs et peut vous expliquer ce qui se cache derrière chaque étiquette. Il saura si un « Vin de France » sans appellation vient d’un producteur innovant ou d’une simple étiquette générique. Ces conseils personnalisés complètent toujours votre lecture d’étiquette.
Explorer les régions moins connues
Ne restez pas bloqué sur les grands noms (Bordeaux, Bourgogne). Les vins de Corbières en Languedoc, les vins blancs d’Alsace ou les vins du Ventoux offrent souvent un excellent rapport qualité-prix, avec des étiquettes aussi sérieuses.

Accords entre étiquette et dégustation : quand la promesse devient réalité
L’étiquette est une promesse. Mais comment vérifier que cette promesse se concrétise dans le verre ? Quelques principes simples guident la dégustation.
Comprendre le langage des cépages
Si l’étiquette mentionne le cépage (comme « Pinot Noir » ou « Chardonnay »), vous pouvez attendre certains profils aromatiques. Un Pinot Noir offre souvent des notes de fruits rouges délicats et de minéralité. Un Chardonnay peut être sec et minéral (Alsace, Chablis) ou plus opulent (Bourgogne). Le Chardonnay sec et moelleux montre bien cette variation possible selon la région.
Si l’étiquette ne mentionne pas le cépage, c’est qu’il s’agit soit d’une AOP où le cépage est imposé par le cahier des charges, soit d’un assemblage volontaire du producteur.
La relation entre terroir et goût
Une étiquette qui affiche une zone précise (Côte de Nuits, Sancerre, Loire) vous donne aussi des attentes de goût. Le terroir (géologie, climat, exposition) façonne le profil final du vin. Un vin du Val de Loire aura une minéralité plus marquée qu’un vin du Rhône méridional.
Pour vraiment explorer, comprendre les accords mets et vins devient essentiel. Une étiquette indiquant une AOP Grand Cru suggère un vin de complexité élevée, capable de s’accorder avec des mets fins.
Le millésime comme indicateur de profil
Un millésime chaud et sec (2022, 2023 en France) donne des vins plus concentrés, avec des degrés d’alcool plus élevés. Un millésime frais et humide donne des vins plus légers, plus acides, plus délicats.
Si vous aimez les vins puissants et structurés, cherchez les millésimes réputés difficiles (année chaude). Si vous préférez la finesse et la délicatesse, explorez les millésimes considérés comme « nerveux » ou « austères » initalement.
Étiquette et santé : ce qu’il faut savoir
La mention des allergènes sur l’étiquette n’est pas cosmétique : elle touche directement à la santé des consommateurs. Voici ce qu’il faut surveiller.
Les sulfites : mythes et réalités
La mention « Contient des sulfites » apparaît sur presque toutes les étiquettes. Les sulfites sont un conservateur naturel (le dioxyde de soufre est produit naturellement pendant la fermentation) et un antioxydant. Ils protègent le vin contre le vinaigrage et l’oxydation.
Bien que décriés par certains, les sulfites sont présents en concentrations très faibles (10 à 150 mg/L selon le type de vin). Les risques réels des sulfites concernent surtout les personnes souffrant d’asthme sévère. Pour la majorité des consommateurs, c’est une mention légale sans impact sanitaire concret.
Les agents de collage : lait et œuf
Pendant la vinification, on utilise parfois des agents de « collage » (protéines) pour clarifier le vin en éliminant les particules en suspension. Si le producteur utilise de la caséine (lait) ou de l’albumine (œuf), les mentions « Contient du lait » ou « Contient des œufs » doivent figurer.
Ces traces résidulles après le collage sont généralement extrêmement faibles, mais elles doivent être mentionnées pour les personnes allergiques ou les végans/végétariens qui veulent l’éviter.
Valeur énergétique et équilibre nutritionnel
La valeur énergétique affichée (autour de 85 kcal par verre standard de 100 ml) provient principalement de l’alcool et des sucres résiduels. Un vin sec a peu de sucre (moins de 2 g/L) et sa calorie vient quasi entièrement de l’alcool.
Consulter l’e-label via le QR code vous permet de voir le détail complet : sucre résiduel, acidité totale, protéines. C’est utile si vous suivez un régime spécifique (diabétique, low-carb, végétalien).
Conseils d’achat : où et comment lire une étiquette
Votre environnement d’achat influence ce que l’étiquette vous dit réellement. Voici comment adapter votre lecture selon le lieu.
En supermarché
Les rayons de supermarché privilégient souvent les grandes marques et les appellations médiatisées. Recherchez quand même les trois signaux : AOP/IGP, embouteillage au domaine, millésime. Vous trouverez des petits producteurs sérieux même en grande distribution. Attention aux étiquettes très colorées avec beaucoup de texte marketing : cela cache parfois un vin basique.
Chez le caviste
C’est le meilleur endroit pour explorer. Un caviste sérieux peut vous expliquer pourquoi un vin sans grande appellation est intéressant, ou critiquer honnêtement une étiquette prestigieuse mais décevante. Posez des questions sur les producteurs que vous ne connaissez pas.
Achats en ligne
En ligne, vous ne pouvez pas voir l’étiquette physiquement. Exigez des photos claires de face et de contre-étiquette avant d’acheter. Certains sites spécialisés (cavistes en ligne sérieuses) offrent des descriptions détaillées et des notes de dégustation qui complètent l’étiquette.
Au restaurant
La carte des vins au restaurant vous permet souvent de voir l’étiquette en photo ou de la demander. Le sommelier (s’il y en a un) est votre meilleur allié : il peut expliquer ce qu’il propose bien mieux que l’étiquette seule.
L’évolution future : vers plus de transparence
La réforme de 2023-2024 n’est pas le bout du chemin. Les attentes des consommateurs continuent d’évoluer, et les réglementations s’ajustent.
Traçabilité et blockchain
Certains producteurs pionniers expérimentent la blockchain pour offrir une traçabilité complète : du vignoble au verre, chaque étape est documentée. Le QR code devient ainsi un passeport numérique du vin. Vous pouvez vérifier l’authenticité, l’historique d’embouteillage et même les conditions de stockage précédentes.
E-label enrichis et données nutritionnelles
À terme, l’e-label peut devenir plus qu’un simple document légal. Il peut intégrer des notes de dégustation, des suggestions d’accords mets-vins, des informations sur le producteur et l’histoire du vin. C’est un espace de storytelling numérique que certains cavistes modernes commencent à exploiter.
Normes internationales et harmonisation
La réglementation UE influence peu à peu les normes mondiales. Des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Californie adoptent progressivement les mêmes standards. Cela facilite le commerce international et protège mieux les consommateurs.
Qu’est-ce que le QR code sur une étiquette de vin?
Le QR code renvoie vers un e-label, une page web contenant la liste complète des ingrédients et le tableau nutritionnel détaillé. Il est obligatoire depuis décembre 2023 pour tous les vins commercialisés dans l’UE. Sans ce QR code, une étiquette est considérée comme non conforme.
Puis-je savoir si un vin contient du gluten en lisant l’étiquette?
Le gluten n’est pas mentionné directement car le vin est naturellement sans gluten. Seuls les agents de collage à base de lait ou d’œuf doivent être indiqués. Si vous avez une sensibilité extrême au gluten, scannez le QR code pour vérifier la liste des ingrédients ou demandez au producteur.
Qu’est-ce qu’un vin ‘Mis en bouteille à la propriété’ ?
C’est un vin embouteillé par le producteur lui-même au domaine ou à la propriété. Cela signifie que le même vigneron a contrôlé la vigne, la vinification et la mise en bouteille. C’est un gage d’authenticité et de responsabilité directe.
Est-ce qu’une médaille sur l’étiquette garantit la qualité du vin ?
Une médaille signifie qu’un jury a apprécié le vin à un moment donné, mais ce n’est pas une garantie de qualité absolue. C’est un indice positif, pas une certitude. Les meilleurs critères restent l’origine (AOP), l’embouteillage au domaine et les certifications environnementales.
Qu’est-ce que la tolérance de ± 0,5 % vol. pour le degré d’alcool ?
C’est l’écart autorisé entre le degré d’alcool affiché et la valeur réelle analysée en laboratoire. Un vin analysé à 13,8 % peut être étiqueté 13,5 % ou 14,0 %. Mais 13,0 % serait hors tolérance. C’est un contrôle qualité pour éviter les tromperies.